15 juil. 2017

L'écume des jours de Boris Vian



Colin ne s'en sort pas trop mal dans la vie. Avec son ami, Chick, ils passent de jolis moments dans la musique. Mais Chick, grand fan de Jean Sol Partre, déverse ses petits sous dans tout ce que le philosophe crée au point de s'appauvrir. Aussi Colin l'aide mais c'est lui à son tour qui devient pauvre et doit travailler. Heureusement que l'amour frappe à la porte même si un nénuphar dans le coeur n'aide pas à aller dans la vie...

Nos personnages sont touchants, drôles et attachants. Une fable entre futur proche et idées neuves qui sont difficiles à saisir mais jolies à aimer. On s'y plonge et on aime autant les personnages que l'ambiance, les créations, le mouvement. Donner un semblant de perception dans ce monde sans mesure connue est désuet mais charmant, et je ne saurais dire si j'ai navigué en eaux troubles ou en troubles pensées.

On monte au plafond, on descend dans les bas-fonds et on se retrouve traverser par les émotions.
Un vrai plaisir à découvrir et à aimer mais assez peu ordinaire pour être mis dans toutes les mains ou devant tous les yeux.
Bref j'ai aimé mais pas facile d'y pénétrer si le coeur n'y est pas.

Du même auteur

Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda



Antonio José Bolivar vit dans la jungle à El Idivio. Surnommé le vieux, il vit dans une cabane au bord du fleuve. Le maire, surnommé la limace, ne l'aime pas beaucoup. Peut être parce qu'il est trop farouche, peut être parce qu'il ne joue pas son jeu. Surtout parce qu'il sait lire, certainement parce qu'il en sait beaucoup plus que lui sur la chasse et la jungle. Aussi quand la chasse à l'ocelot femelle est ouverte, la limace intègre le vieux au groupe même si ce dernier n'en a pas envie...

Après avoir lu l'histoire d'une mouette et d'un chat qui lui apprit à voler du même auteur, j'avais envie de le découvrir sous un versant plus adulte, l'autre nouvelle étant assez jeunesse. Au détour d'une boîte à livres, j'ai eu le bonheur de trouver ce petit roman et je remercie l'âme donneuse qui a eu la gentillesse de le déposer car la pépite vaut le don.

En effet, la plume de Sepulveda est très belle. On pourrait presque par moment retrouver des traits de Kessel avec le lion. Notre auteur décrit une satyre sociale qui se passe en Equateur mais qui semble somme toute assez universelle. Entre humour et suspens, on y lit le racisme de la migration et le pouvoir de la religion.
Loin de tout ça, notre héros repart dans de beaux ou tristes souvenirs qui lui ont donnés la force d'évoluer et d'aller là où les autres n'osent pas. Il a rencontré d'autres communautés où il a su se faire apprécier car la sienne le rejette.

Un bon roman, avec un fond de jungle oppressant et très intelligent. On aime notre héros qui aspire finalement qu'à un seul repos, celui de lire tranquillement ses romans d'amour que le dentiste lui ramène. 

J'ai passé un très bon moment avec cette nouvelle et j'ai bien envie de lire encore prochainement un autre roman de cet auteur. Il ne me reste plus qu'à déposer ce livre dans une boîte à livres.

Du même auteur

13 juil. 2017

Le réseau Corneille de Ken Follett



28 mai 1944, à Reims, la résistance française est organisée pour lutter contre les allemands. Le réseau Bollinger organise une attaque contre le centre téléphonique au château, place Sainte Cécile. Mais l'attaque se retourne contre eux et il ne reste pas grand monde. Betty, la chef, espionne anglaise, a juste le temps de s'en tirer, voler un laisser-passer pour une femme de ménage et rentrer en Angleterre. C'est décidé, elle va monter un groupe de femmes pour neutraliser le château, nom de code : Réseau Corneille. Mais Dieter Frank, agent des renseignements allemands a tout vu de l'attaque et veut capturer Betty...

Encore un roman de mon chouchou Ken Follett. Le roman se construit sur les dix jours qui précèdent le débarquement et sur les dix jours qui permettent à Betty d'infiltrer le réseau Corneille en France. Jour par jour, nous suivons en parallèle l'avancée de Betty dans son projet et l'étude minutieuse de Dieter Frank. Nous avons les deux camps s'affrontant. La résistance française avec l'aide des espions anglais s'organisent pour combattre les allemands en leurrant la gestapo et en armant les civils par des vols nocturnes en espérant le débarquement proche. De l'autre, les allemands se déploient, font peur, torturent tentent de comprendre quand et où le débarquement aura lieu mais surtout surveillent chaque instant pour déjouer toutes luttes de la résistance. L'acharnement de Dieter face au réseau Bollinger et surtout Betty est carrément haletant.

Follett sait très bien nous emmener dans la folie du personnages et la montée dans la haine qui s'opère en lui. Il nous parle des tortures qu'ils opèrent sur les résistants pour obtenir des informations sur le réseau en place. Le récit est crédible en tous points et on s'y plonge avec passion. On court presque avec Betty tellement on espère qu'elle va réussir dans son projet.

Quelques notes d'humour pour alléger le roman qui ne font pas de mal et le personnage de Betty est d'un caractère efficace, bien trempé, mais sachant rester discrète au bon moment la rendent si réaliste qu'on pourrait penser que Follett s'est appuyé sur une vraie espionne anglaise pour écrire son roman.

Un vrai bon livre à découvrir. Encore une histoire qui se passe pendant la seconde guerre mondiale. Décidément, cette période de l'Histoire inspire de très bons auteurs et me passionne. Surtout basée sur le suspens et l'espionnage, cette histoire nous tient en haleine de bout en bout. Un vrai bon moment de lecture. Hâte de relire du Follett !!

Du même auteur

@2m1 de Lauren Myracle




Trois jeunes filles discutent par messagerie. On les suit longuement dans leurs inquiétudes d'adolescentes et dans leurs péripéties.

Tout le récit se déroule sur messagerie, donc la narration est très hachurée. Les trois jeunes filles prises dans l'histoire sont sans épaisseur. Ce sont des caricatures d'ados qui ne vivent que des erreurs de jeunesse hyper stéréotypées. 

Mal écrit, avec des personnages niais, ce roman se lit en à peine une heure et ne mérite pas qu'on s'y arrête. Passez votre chemin quand vous le voyez. 

Les bottes suédoises de Henning Mankell



Fredrik se réveille en plein milieu de la nuit. Sa maison est en flammes, il n'a juste le temps que de prendre une paire de bottes dépareillées pour s'échapper. Accident ? Intentionnel ? La vie de Fredrik ne sera plus la même... 

L'histoire commence bien. Habituée d'Henning Mankell avec son officier Wallander, je pensais être sur l'une de ses enquêtes. Après quelques pages, j'ai vite compris que j'étais sur un one-shot même si apparemment c'est un peu la suite Des chaussures italiennes que je n'ai pas lu.

Bref nous entrons dans un roman où le thriller est de mise et le personnage un peu bourru et lunaire de Fredrik semble intéressant pour ce genre d'intrigue. Une fois sorti du brasier, l'histoire prend un autre tournant. Nous entrons dans une phase plus sociale. Fredrik rencontre ses voisins qui le soupçonnent d'avoir mis lui-même le feu. Puis on entre dans une autre intrigue avec le retour de sa fille. Tout part à vau-l'eau pour notre village. D'autres maisons sont attaquées. Une intrigue amoureuse s'installe.

L'histoire part dans tous les sens. On ne sait plus si finalement le roman se basait sur le suspens ou ce n'était que l'accroche pour nous faire attendre la fin. J'avoue ne pas avoir été passionnée par les personnages et la multitude d'intrigues qui semble être une superposition de couches pour ajouter du texte au texte. Beaucoup de longueurs, beaucoup de personnages. La reconstruction de la vie de Fredrik se fait d'une manière simple et facile mais peu vraisemblable. J'ai été très déçue par ce roman comme souvent quand Mankell écrit un one-shot. Vivement le retour de Wallander.

Ses autres livres :



26 mai 2017

Défendre Jacob de William Landay




Andy Barber est procureur. Il hérite généralement des grosses affaires du coin. Quand il est appelé sur le meurtre de Ben, un copain de classe de son fils Jacob, il est loin d'imaginer qu'il va devoir prochainement le défendre...

L'histoire est racontée entièrement par le regard d'Andy. Très original, on imagine difficilement au départ qu'elle va évoluer vers le sens pris. Notre procureur chute fébrilement dans la noirceur du meurtre pour découvrir le côté sombre de son fils et la fragilité de sa femme. Loin de comprendre jusqu'où les fils de l'enquête vont le mener, il  ne veut surtout pas voir les tristes réalités de sa vie et de son entourage.

Dans ce roman, j'ai adoré nos trois héros Barber qui sont bien inventés et sonnent justes. On aime notre Jacob qui  ne révèle à aucun moment sa culpabilité ou pas. Sa mère a aussi ses côtés attachants qui nous laissent plonger dans l'intimité de ce procès qui ronge cette famille et les met devant leurs démons intérieurs.

Et puis il y a ce rebondissement trop évident de ce grand-père qui dispose de son gène de tueur. Il arrive comme un cheveu sur la soupe, comme une excuse bien trouvée pour faire rebondir l'histoire car le procès est long et il y a de fortes longueurs où on s'ennuie. Le suspens n'est maintenu que par le fait qu'à aucun moment l'auteur nous donne la culpabilité avérée de Jacob ou son innocence et ça devient redondant à force.

Au final, c'est un bon roman, très original mais qui souffre de longueurs et qui mériterait plus de subtilités. Après j'ai bien aimé mais en procès, je préfère les romans de Connelly avec Mickey Haller en avocat. Quelques coupes dans l'histoire rendraient un peu d'air.

17 mai 2017

Le chien des Baskerville de Arthur Conan Doyle



Sir Charles de Baskerville est retrouvé mort devant son manoir. La légende de la bête sanguinaire reparaît sur la lande. Sherlock Holmes est alors demandé pour résoudre cette triste enquête et très pris dans ses autres recherches, il charge Docteur Watson d'intégrer le manoir pour résoudre lui-même les mystères de cette bête...

Toujours aussi passionnée de Sherlock Holmes, j'ai été bien contente de le retrouver dans les pages de ce roman. L'enquête, comme à son habitude, démarre sur un meurtre et semble insoluble. Rebondissement bien peu habituel, Sherlock ne semble pas intéressé ou trop débordé et laisse son fidèle ami faire les recherches pour lui mais j'ai bien vite compris pourquoi Sherlock laisse passer l'enquête.

Le mystère de la bête est palpable de Conan Doyle a toujours le chic pour installer ses intrigues. J'aime l'importance qu'il donne à Watson qui est assez surprenante. Les rebondissements sont bien choisis et on se plonge vite dans l'histoire. Un bien bon petit roman.

Du même auteur
Les aventures de Sherlock Holmes