24 oct. 2017

Et un jour, disparaître de Frédérique Hoy




Juliette est partie en classe de neige. Lorsqu'on appelle Agathe, on lui annonce que la navette qui la transportait est détruite dans un accident. Arrivée sur place, cette maman ne peut pas mettre la main sur le corps de sa fille, elle est disparue. Quelques années plus tard, avec ses deux fils et son mari, elle tente de se reconstruire mais la vie lui réserve encore des surprises...

J'ai connu ce roman par une amie qui voulait me le faire découvrir afin d'aider l'auteur à se faire connaître dans le monde périlleux des lecteurs. J'ai de suite accepté car j'aime aussi prendre le temps de découvrir de nouveaux auteurs et surtout lorsqu'ils sont à leurs débuts.
Le roman est assez court et se lit facilement. L'intrigue est très attachante et me parle beaucoup. Le personnage d'Agathe est attendrissant par les multiples drames de sa vie et son caractère un peu lunaire, quelque peu naïf est redoutable dans toutes les épreuves endurées.

On voit quelques ficelles se tendre et l'auteur les tire pour avancer dans son histoire. Peu de longueurs mais plutôt un suspens bien tenant même si parfois, on y décèle quelques facilités. Le côté flash-back de certains passages peut nous dérouter au départ mais on apprend l'histoire dans l'histoire et on suit nos héros dans les années qui défilent.

J'ai compris certaines choses assez vite mais ne m'attendais pas au dénouement des personnages et ça fait bien prendre la mayonnaise à chaque rebondissement. On entre vite dans le vif du sujet sans nous projeter dans des lieux trop décrits qui manquent parfois à l'ambiance générale.

Un joli livre à découvrir pour une histoire attachante et haletante. Suspens et chagrin sont au rendez-vous mais surtout une jolie plume à connaître.

La princesse de Clèves de Madame de la Fayette



Roi, reine, prince, princesse, la cour. Tous se connaissent, tous s'apprécient plus ou moins, certains tombent amoureux, d'autres trompent. Mlle de Chartres est pure, innocente, ne connaît rien à l'amour. Lorsque le prince de Clèves lui fait la cour, elle l'accepte pour époux mais ne ressent rien pour lui, à son grand malheur. Le duc de Nemours arrive un peu tard mais lui fait chavirer le coeur...

La première partie installe les personnages et ils sont nombreux. On a le droit à toute la compagnie de roi et on subit tous les noms à rallonge sans tout y comprendre. Lui aime celle-ci, celle-ci trompe celui-là, celui-là espère rencontrer celle-là mais celle-là est déjà prise par un autre en secret.

Donc en deuxième partie, on arrive enfin à notre princesse qui est juste un peu cul cul. Oui c'est ainsi que je la vois car franchement, elle joue avec les sentiments de tous ceux qui la croisent mais ne semble rien y comprendre. Belle mais un peu empotée. Elle rend dingue son propre mari et fou de jalousie les autres hommes. Elle tente et laisse paraître ses sentiments et se retire ensuite comme si les autres en étaient la faute.

Bon, je peux le dire, je me suis beaucoup ennuyée. On tourne en rond et dès la deuxième partie, on sait qu'il ne se passera rien. Une romance à trois où rien ne se passe. Un classique qui me laisse sans attache.

Cadres noirs de Pierre Lemaitre



Alain Delambre était un grand directeur en ressources humaines. Malheureusement, les aléas de la vie font que le chômage frappe à sa porte. Alors qu'il galère sévèrement et que son âge avancé ne l'aide pas, une proposition lui est faite. S'il réussit, dans une fausse prise d'otages, à trouver les cadres qu'il faut virer, il sera embauché. Il va se lancer à corps perdu dans une course contre la montre en y emmenant sa femme, ses filles, son argent, son amour propre...

Au départ, j'adore le concept. L'idée de cette prise d'otages est très originale et je m'y plonge à fond même si ce n'est pas tellement crédible. Le personnage de Alain est très bien étudié avec toute ses fêlures, inquiétudes et angoisses qui se dessinent pour son avenir. Les grands patrons sont noirs et bien campés dans leurs rôles, peut être un peu cliché. On sent la souffrance et la douleur qui gagnent peu à peu le récit.

Puis on entre dans une spirale où peu de choses tiennent debout. Notre héros verse de l'argent partout, devient malgré lui un super détective et cette prise d'otages prend une ampleur peu crédible avec une surenchère de lourdeur qui allonge le récit.

Conclusion, là où j'aurais aimé passer un super moment avec une histoire originale, je me suis retrouvée dans une histoire très longue, lente, peu crédible, qui me lasse. J'ai eu d'ailleurs beaucoup de mal à le terminer. Dommage car j'adore l'auteur qui m'a toujours habitué à du plus soutenu.

Du même auteur :



La couleur des sentiments de Kathryn Stockett




A la grande époque de la traite des noirs, la ville de Jackson ne déroge pas à la règle. Certains travaillent dans les champs de coton, les femmes servent les bourgeois blancs et rien ne semble changer. Pourtant une femme devient journaliste et pour faire sensation, elle propose aux noires de livrer leur façon d'être traitées par les blanches...

Je ne pensais pas du tout que le livre soit sur ce thème ou du moins, pas écrit de cette manière et ce fut une véritable surprise bien agréable à découvrir. En effet, j'ai entendu parlé de son succès et il était bien référencé sur plusieurs sites et me voilà à le lire.

On adore les personnages. Tous plus vrais que nature. Ces bonnes sont géniales. Maniant l'humour et sachant se montrer à leur place, on les accompagne dans leurs déboires. On aime le franc parler et la vie à la maison avec leurs familles respectives. Les blanches sont aussi tellement différentes avec celles qui se croient tous pouvoirs et celles qui défendent les noires sans oser se montrer.

Un réel bonheur de lire ce type de livres qui fait tellement réfléchir sur la condition humaine et le racisme. On voit  l'attachement des enfants qui sont innocents et qui ne comprennent pas les enjeux de leur position. 

Un vrai régal de découvrir ce livre et je le recommande vivement aux lecteurs qui n'aiment pas l'injustice.

5 oct. 2017

La lampe d'Aladino et autres histoires pour vaincre l'oubli de Luis Sepulveda



Plusieurs nouvelles comme Sepulveda sait les écrire. Des personnages très en couleurs, un fond d'Amérique, des légendes qu'on pourrait croiser...

J'aime de plus en plus cet auteur que je trouve génial. Il a une plume qui dépeint des personnages magiques. On y croit et on plonge dans l'ambiance et les couleurs locales.

Je n'ai pas choisi de nouvelles en particulier car ce serait résumer le livre à une seule histoire et j'ai vraiment apprécié la plupart qui sont différentes entre elles.

Encore un bon moment de passé en compagnie de cet auteur et j'ai hâte de le retrouver.

Du même auteur

Dans l'ombre de Arnaldur Indridason




Flovent est policier et il est appelé sur le meurtre d'un jeune homme tué par balle dans un petit appartement islandais. L'appartement appartient à Felix Lunden, jeune homme nazi, et à la morgue, le sang séché sur son front apparaît comme une croix gammée. Mais quand la concierge vient le reconnaître, elle est formelle, ce n'est pas Felix. Après plusieurs recherches, Flovent découvre que ce serait Eyvindur, un représentant de commerce. Que fait-il là ? Pourquoi a-t-il été tué ? Felix est-il coupable ?

Nous sommes à la sortie de la guerre 39-45 en Islande. Pas facile de situer tous les noms un peu étranges des pays nordiques et parfois on s'y perd car le roman regorge de personnages masculins et sur plusieurs années donc aussi sur plusieurs générations.
On navigue entre la jeunesse de certains et le présent au point de parfois ne plus savoir qui est qui mais ça vient progressivement.

Le fond se base sur la guerre, le nazisme et l'espionnage mais pas assez précis, ni assez accablant pour sembler réaliste, un peu comme une excuse pour que les personnages aient des liens communs.
On aime nos deux inspecteurs qui ne travaillent pas pour le même corps d'armée mais ils sont attachants autant l'un que l'autre.
L'histoire semble un peu rallongée par moment, on touche à une révélation et puis l'auteur nous fait repartir sur une nouvelle route.
Pas facile de s'accrocher à tout ce qui se passe car l'histoire s'étale sur la longueur et il m'a fallu m'arrêter plus sérieusement sur la quatrième de couverture (un peu tard) pour me rendre compte que j'entamais une trilogie donc au final, je suis bien loin de connaître la vraie fin avant un moment.
En effet, le livre et la tranche ne stipulent à aucun moment que nous sommes sur un premier tome et j'ai trouvé un peu mensonger de ne le dire qu'en quatrième de couverture.

Ma critique peut sembler très négative mais j'ai tout de même passé un bon moment. J'attends la suite pour continuer l'histoire même si la fin du premier tome nous laisse envisager que nos personnages vont évoluer.

Du même auteur

Sérum, intégrale, tome 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza



Une femme est poursuivie. Après s'être fait tirée dessus dans un musée, elle se fait abattre dans un parc. Quand le détective Gallagher la retrouve, elle tient encore à la vie mais à son réveil, elle est amnésique. Heureusement, avec son étrange sérum, le docteur Draken va faire des séances d'hypnose et elle semble liée aux rebondissements politiques du moment...

Le livre est écrit comme une série télévisée, articulé sur six tomes pour la saison 1. J'ai lu l'intégrale d'une traite alors que je ne pensais en lire qu'un ou deux de temps en temps mais le suspens m'a tellement tenu en haleine que j'ai enchaîné tout le livre.

Nous avons plusieurs héros qui évoluent sur différents axes et se complètent. J'aime beaucoup le personnage de Lola, femme forte mais avec de nombreuses failles. Le docteur Draken est le psychiatre farfelu qui découvre le pot aux roses sans aide. Notre amnésique prend différents noms. L'auteur nous la présente comme une victime mais nous ne connaissons pas son parcours et puis l'homme au chapeau qui semble le méchant hyper politisé.
D'un volume à l'autre, nous découvrons d'autres personnages, on en tue certains.

J'ai beaucoup aimé la saison 1 avec de nombreux rebondissements. Certains personnages antipathiques deviennent des personnages attachants. Le suspens est maintenu de bout en bout et l'horreur du massacre s'installe progressivement.
La vie privée des personnages les rend plus vivants. L'histoire de ce sérum qui donne une hypnose approfondie sur sept minutes nous passionne et permet d'aller toujours plus loin dans le questionnement.

Même si au début, ça part dans plusieurs directions, ce qui pourrait nous perdre le fil rouge présent mais il permet de rattacher chaque partie l'une à l'autre.
Plusieurs enquêtes sont lancées mais ont des liens entre elles et on a envie de découvrir les secrets de notre amnésique. Un vrai bon livre que j'ai adoré et qui rend amer car ce n'est que la saison 1 et nous laisse sur la fin pour lire la saison 2 qui ne semble pas écrite et sortira peut être jamais.