16 sept. 2017

Mariachi Plaza de Michael Connelly



Bosch finit sa carrière aux Cold Case. Il y a quelques années, un mariachi s'était pris une balle perdue dans la colonne vertébrale et était resté handicapé. Aujourd'hui, la balle a créé une infection entraînant la mort de Merced. L'affaire devient un homicide et Bosch est remis sur le dossier avec une toute nouvelle arrivée, Lucy. Mais la motivation de cette dernière semble se poser sur un autre dossier...

Encore un roman de mon auteur préféré avec mon héros préféré. On l'annonçait comme sa dernière enquête puisqu'il se retrouve aux portes de la retraite mais le mois dernier un autre roman vient de sortir avec Harry Bosch aux commandes donc pas de panique encore pour cette fois.

J'aime bien son intrusion dans le monde politique et les magouilles que Bosch comprend dans toute cette enquête. On voit les engrenages et les liens qui se tissent entre chaque partie de l'affaire Merced. Au final, le pauvre n'avait rien à faire là et s'est réellement pris une balle perdue. L'autre affaire m'a bien passionnée aussi. On passe de l'une à l'autre avec plaisir et les dénouements se démontent avec finesse. La multitude de personnages fait que je m'y perdais de temps à autre entre les deux enquêtes. La fin rebondit avec brio. On s'attend à de superbes avancements et Bosch est finalement appelé au bureau du chef pour rendre son badge. Une vraie fin digne de Connelly que j'ai bien aimée même son départ à la retraite est un bon miroir de sa carrière.

Deux affaires bien menées avec une nouvelle partenaire fidèle à ses convictions. Des rebondissements qui sont intéressants, pas d'explosion dans tous les sens, mais une recherche minutieuse de la vérité. Un plaisir à lire et le décortiquer. Encore une fois, je suis fan de Connelly.

Du même auteur

Les gardiens du Louvre de Jirô Taniguchi



Alors qu'il visite Paris pour quelques jours improvisés, un tokyoïte se perd dans sa fièvre et se retrouve dans les allées de Louvre avec une étrange demoiselle pour lui montrer ses œuvres...

Je suis une grande fan de ce dessinateur de mangas. Jiro Taniguchi nous emmène dans ce tome vers les allées du musée du Louvre. L'ayant visité pour la deuxième fois en octobre dernier, j'ai vraiment retrouvé l'atmosphère bien réelle des lieux.
Bien que souvent inspiré par les peintures, il nous emmène aussi dans les sculptures et le passé du Louvre pour nous raconter les déboires du conservateur dans l'entrée de la seconde guerre mondiale.

J'aime beaucoup notre héros qui est assez simpliste mais pas bête. On passe d'une aile à l'autre avec plaisir comme on pourrait s'y promener dans la réalité. Entre folie et visite, on découvre les œuvres, des peintres et des ambiances.
Sur fond de manga, Taniguchi nous laisse une magnifique morale sur l'âme des créations qui nous permettent de naviguer dans les émotions multiples. L'intérêt n'est pas d'en voir un maximum en une seule journée , de pouvoir dire "j'ai vu la Joconde" mais bien de se laisser pénétrer par ce que le peintre nous laisse voir dans son sillage. On y retrouve des classiques et des moins connus.

Mais la belle idée est de nous montrer que la culture nous est très importante, les sentiments sont des besoins que l'être doit expérimenter et en prendre soin et savoir se laisser porter par l'inexplicable est l'une des plus belles expériences.

Malheureusement, Taniguchi nous a quitté dernièrement et je vous conseille vivement de découvrir ses œuvres qui sont de belles rencontres entre les hommes. Un joli manga adapté en bande dessinée mais qui se lit tout de même de droite à gauche avec des planches époustouflantes, des détails minutieux et des ambiances très ressemblantes à la réalité. J'ai vraiment un gros coup de coeur avec ce manga et vous le recommande vraiment.


Du même auteur
L'orme de caucase 
Quartier lointain
Un ciel radieux

Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald



Jay Gatsby s'est installé dans la maison d'en face. Notre héros est invité à participer aux fêtes qu'il organise mais rapidement, il se sent devenir un intime et le suit dans son histoire...

L'histoire démarre lentement. On installe notre héros puis ils apprennent à se connaître. C'est assez énigmatique. On se demande où l'auteur va nous emmener puis on suit les grandiloquences des fêtes, les amours perdus, parfois retrouvés et leur histoire prend un détour bien sordide.

Racontée à la première personne par notre héros qui semble perdu dans ce monde d'argent, on s'ennuie dans ses aspirations et on se demande jusqu'où va son attachement à Gatsby. Un rebondissement de la vie permet au roman de retrouver un second souffle sans grand intérêt.

Pas un grand récit, pas de réelle construction, je me suis ennuyée.

Un sentiment plus fort que la peur de Marc Levy




Suzie veut entreprendre la montée du Mont Blanc. Elle se donne un an pour y  arriver alors qu'elle ne dispose d'aucune expérience en alpinisme mais son but est ultime, retrouver une certaine crevasse où des documents importants semblent l'attendre. De son côté, Mattew a vécu une attaque dans la rue et se réveille d'un long coma où il a tout perdu. Journaliste, il va être accosté par Suzie...

Connaissant quelques romans de Marc Lévy, j'ai vite été happée par ce roman qui sort du lot. Nous entrons dans du suspens dès les premières pages. Je pensais rencontrer un petit couple bien tranquille comme cet auteur peut nous donner habituellement et nous entrons dans une histoire d'espionnage bien ficelée.

Même si quelques moments sont parfois vite résolus, on aime notre duo vers qui tout converge. On comprend vite qu'ils sont les cibles bien trouvées pour des grands terroristes et qu'un secret d'état se doit d'être gardé mais on met du temps à patrouiller et on aime nos deux héros qui ne s'adorent pas de bout en bout.

Sur fond écologique et de réchauffement climatique, ce roman nous parle des ficelles gouvernementales et de complots rondement menés qui ne sont certainement pas très loin de la réalité.

J'ai vraiment passé un très bon moment avec nos deux héros et la chute m'a bien fait sourire au moment de l'ultime rencontre.
De bout en bout, on ne se lasse pas et le suspens est bien mené. Un bon roman qui pourrait nous faire découvrir Lévy sous un autre jour.

Du même auteur
Une autre idée du bonheur
Et si c'était vrai...
Mes amis, mes amours
Sept jours pour une éternité...

15 juil. 2017

L'écume des jours de Boris Vian



Colin ne s'en sort pas trop mal dans la vie. Avec son ami, Chick, ils passent de jolis moments dans la musique. Mais Chick, grand fan de Jean Sol Partre, déverse ses petits sous dans tout ce que le philosophe crée au point de s'appauvrir. Aussi Colin l'aide mais c'est lui à son tour qui devient pauvre et doit travailler. Heureusement que l'amour frappe à la porte même si un nénuphar dans le coeur n'aide pas à aller dans la vie...

Nos personnages sont touchants, drôles et attachants. Une fable entre futur proche et idées neuves qui sont difficiles à saisir mais jolies à aimer. On s'y plonge et on aime autant les personnages que l'ambiance, les créations, le mouvement. Donner un semblant de perception dans ce monde sans mesure connue est désuet mais charmant, et je ne saurais dire si j'ai navigué en eaux troubles ou en troubles pensées.

On monte au plafond, on descend dans les bas-fonds et on se retrouve traverser par les émotions.
Un vrai plaisir à découvrir et à aimer mais assez peu ordinaire pour être mis dans toutes les mains ou devant tous les yeux.
Bref j'ai aimé mais pas facile d'y pénétrer si le coeur n'y est pas.

Du même auteur

Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda



Antonio José Bolivar vit dans la jungle à El Idivio. Surnommé le vieux, il vit dans une cabane au bord du fleuve. Le maire, surnommé la limace, ne l'aime pas beaucoup. Peut être parce qu'il est trop farouche, peut être parce qu'il ne joue pas son jeu. Surtout parce qu'il sait lire, certainement parce qu'il en sait beaucoup plus que lui sur la chasse et la jungle. Aussi quand la chasse à l'ocelot femelle est ouverte, la limace intègre le vieux au groupe même si ce dernier n'en a pas envie...

Après avoir lu l'histoire d'une mouette et d'un chat qui lui apprit à voler du même auteur, j'avais envie de le découvrir sous un versant plus adulte, l'autre nouvelle étant assez jeunesse. Au détour d'une boîte à livres, j'ai eu le bonheur de trouver ce petit roman et je remercie l'âme donneuse qui a eu la gentillesse de le déposer car la pépite vaut le don.

En effet, la plume de Sepulveda est très belle. On pourrait presque par moment retrouver des traits de Kessel avec le lion. Notre auteur décrit une satyre sociale qui se passe en Equateur mais qui semble somme toute assez universelle. Entre humour et suspens, on y lit le racisme de la migration et le pouvoir de la religion.
Loin de tout ça, notre héros repart dans de beaux ou tristes souvenirs qui lui ont donnés la force d'évoluer et d'aller là où les autres n'osent pas. Il a rencontré d'autres communautés où il a su se faire apprécier car la sienne le rejette.

Un bon roman, avec un fond de jungle oppressant et très intelligent. On aime notre héros qui aspire finalement qu'à un seul repos, celui de lire tranquillement ses romans d'amour que le dentiste lui ramène. 

J'ai passé un très bon moment avec cette nouvelle et j'ai bien envie de lire encore prochainement un autre roman de cet auteur. Il ne me reste plus qu'à déposer ce livre dans une boîte à livres.

Du même auteur

13 juil. 2017

Le réseau Corneille de Ken Follett



28 mai 1944, à Reims, la résistance française est organisée pour lutter contre les allemands. Le réseau Bollinger organise une attaque contre le centre téléphonique au château, place Sainte Cécile. Mais l'attaque se retourne contre eux et il ne reste pas grand monde. Betty, la chef, espionne anglaise, a juste le temps de s'en tirer, voler un laisser-passer pour une femme de ménage et rentrer en Angleterre. C'est décidé, elle va monter un groupe de femmes pour neutraliser le château, nom de code : Réseau Corneille. Mais Dieter Frank, agent des renseignements allemands a tout vu de l'attaque et veut capturer Betty...

Encore un roman de mon chouchou Ken Follett. Le roman se construit sur les dix jours qui précèdent le débarquement et sur les dix jours qui permettent à Betty d'infiltrer le réseau Corneille en France. Jour par jour, nous suivons en parallèle l'avancée de Betty dans son projet et l'étude minutieuse de Dieter Frank. Nous avons les deux camps s'affrontant. La résistance française avec l'aide des espions anglais s'organisent pour combattre les allemands en leurrant la gestapo et en armant les civils par des vols nocturnes en espérant le débarquement proche. De l'autre, les allemands se déploient, font peur, torturent tentent de comprendre quand et où le débarquement aura lieu mais surtout surveillent chaque instant pour déjouer toutes luttes de la résistance. L'acharnement de Dieter face au réseau Bollinger et surtout Betty est carrément haletant.

Follett sait très bien nous emmener dans la folie du personnages et la montée dans la haine qui s'opère en lui. Il nous parle des tortures qu'ils opèrent sur les résistants pour obtenir des informations sur le réseau en place. Le récit est crédible en tous points et on s'y plonge avec passion. On court presque avec Betty tellement on espère qu'elle va réussir dans son projet.

Quelques notes d'humour pour alléger le roman qui ne font pas de mal et le personnage de Betty est d'un caractère efficace, bien trempé, mais sachant rester discrète au bon moment la rendent si réaliste qu'on pourrait penser que Follett s'est appuyé sur une vraie espionne anglaise pour écrire son roman.

Un vrai bon livre à découvrir. Encore une histoire qui se passe pendant la seconde guerre mondiale. Décidément, cette période de l'Histoire inspire de très bons auteurs et me passionne. Surtout basée sur le suspens et l'espionnage, cette histoire nous tient en haleine de bout en bout. Un vrai bon moment de lecture. Hâte de relire du Follett !!

Du même auteur