26 mai 2017

Défendre Jacob de William Landay




Andy Barber est procureur. Il hérite généralement des grosses affaires du coin. Quand il est appelé sur le meurtre de Ben, un copain de classe de son fils Jacob, il est loin d'imaginer qu'il va devoir prochainement le défendre...

L'histoire est racontée entièrement par le regard d'Andy. Très original, on imagine difficilement au départ qu'elle va évoluer vers le sens pris. Notre procureur chute fébrilement dans la noirceur du meurtre pour découvrir le côté sombre de son fils et la fragilité de sa femme. Loin de comprendre jusqu'où les fils de l'enquête vont le mener, il  ne veut surtout pas voir les tristes réalités de sa vie et de son entourage.

Dans ce roman, j'ai adoré nos trois héros Barber qui sont bien inventés et sonnent justes. On aime notre Jacob qui  ne révèle à aucun moment sa culpabilité ou pas. Sa mère a aussi ses côtés attachants qui nous laissent plonger dans l'intimité de ce procès qui ronge cette famille et les met devant leurs démons intérieurs.

Et puis il y a ce rebondissement trop évident de ce grand-père qui dispose de son gène de tueur. Il arrive comme un cheveu sur la soupe, comme une excuse bien trouvée pour faire rebondir l'histoire car le procès est long et il y a de fortes longueurs où on s'ennuie. Le suspens n'est maintenu que par le fait qu'à aucun moment l'auteur nous donne la culpabilité avérée de Jacob ou son innocence et ça devient redondant à force.

Au final, c'est un bon roman, très original mais qui souffre de longueurs et qui mériterait plus de subtilités. Après j'ai bien aimé mais en procès, je préfère les romans de Connelly avec Mickey Haller en avocat. Quelques coupes dans l'histoire rendraient un peu d'air.

17 mai 2017

Le chien des Baskerville de Arthur Conan Doyle



Sir Charles de Baskerville est retrouvé mort devant son manoir. La légende de la bête sanguinaire reparaît sur la lande. Sherlock Holmes est alors demandé pour résoudre cette triste enquête et très pris dans ses autres recherches, il charge Docteur Watson d'intégrer le manoir pour résoudre lui-même les mystères de cette bête...

Toujours aussi passionnée de Sherlock Holmes, j'ai été bien contente de le retrouver dans les pages de ce roman. L'enquête, comme à son habitude, démarre sur un meurtre et semble insoluble. Rebondissement bien peu habituel, Sherlock ne semble pas intéressé ou trop débordé et laisse son fidèle ami faire les recherches pour lui mais j'ai bien vite compris pourquoi Sherlock laisse passer l'enquête.

Le mystère de la bête est palpable de Conan Doyle a toujours le chic pour installer ses intrigues. J'aime l'importance qu'il donne à Watson qui est assez surprenante. Les rebondissements sont bien choisis et on se plonge vite dans l'histoire. Un bien bon petit roman.

Du même auteur
Les aventures de Sherlock Holmes

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre et Christian De Metter



Deux hommes se rencontrent sur le champ de bataille pendant la guerre 14/18. L'un d'eux, touché par un obus en plein visage, se retrouve atrocement défiguré. L'autre, ayant été sauvé quelques minutes plus tôt lui doit la vie et le prend sous son aile pour le soigner et le sortir de l'isolement car la société ne veut plus de lui...

Retour sur cet auteur que j'adore Pierre Lemaitre et un roman qui m'avait carrément plu, Au revoir là-haut, et qui avait obtenu le Goncourt avec cette histoire complètement folle entre ces deux personnages qui ne reviennent pas du front d'une manière idyllique. On retrouve bien l'histoire dans la bande dessinée mais peut être d'une manière un peu hachurée en mettant en avant des passages du roman qui n'étaient pas fondamentaux pour moi et en revanche ce qui pour moi, m'avaient vraiment marquée dans le roman sont un peu survolés, limite oubliés dans la BD. 

Je suis donc un peu déçue par le côté léger de la BD mais à côté je retrouve aussi les planches de Christian De Metter que j'avais découvert dans la BD Shutter Island, adaptation du roman de même nom écrit par Dennis Lehane. J'aime beaucoup son trait et sa capacité à rendre la noirceur ou la folie des personnages et rattrape le côté raccourci du roman.

Mon avis reste mitigé sur cette Bande dessinée. Peut être que ceux qui la découvriront seule la trouveront magique mais ceux qui auront lu le roman avant pourront être déçus. Une belle approche tout de même du roman qui assez fidèle mais pas assez fouillée. Elle reste malgré tout une jolie bande dessinée.

Vipère au poing de Hervé Bazin



Jean est un enfant qui se sent bien avec sa grand-mère mais quand sa mère décide de revenir dans son monde pour s'occuper de lui et ses frères, elle ressemble plus à une femme acariâtre, jalouse et perfide qu'à une femme douce, aimante et tendre. Les trois garçons vont se liguer pour lui montrer qu'ils ne l'aiment pas...

Une très belle histoire avec pour personnage central, le petit Jean surnommé Brasse-Bouillon. D'un tempérament bien trempé, assez têtu et volontaire, il sait ce qu'il veut et surtout ce qu'il ne veut pas. Le retour de sa mère dans sa vie va changer intégralement son enfance et il va se battre contre sa mère qu'il va nommer Folcoche. Pendant tout le roman, ils se livreront bataille, au point que sa mère inventera des stratagèmes pour le punir et libre à son père, plus simple de s'en prendre à sa femme ou de laisser couler la vie ainsi.

Un roman assez simple d'intérêts au départ qui prend vite des dimensions plus importantes en remettant les perspectives de l'amour maternel dans la balance. L'attachement à l'enfant dans les bonnes mœurs semble écrit en toutes lettres dans les textes d'aujourd'hui mais il n'est pas si facile de le comprendre et de l'accepter. Que les générations se suivent, le secret de cette lignée reste toujours insondable et impossible de le mettre en mots. 

J'ai passé un bon moment avec ce roman et loin d'y voir un drame de famille, on entre dans la réflexion du véritable amour maternel avec toujours les grandes questions de la recherche de l'amour de l'enfant dans l'amour maternel et l'incapacité de la mère à se révéler aimante. 

La métamorphose de Franz Kafka



Gregor a tout pour être heureux. Une famille qui l'aime avec des parents et une sœur qui comptent sur lui. Son travail est important et sa routine est bien installée. Mais un matin, alors qu'il doit se lever pour aller au travail, il ne peut plus se mouvoir comme il le voudrait et se retrouve dans le corps d'un énorme insecte...


Dans ce roman qui semble fantastique, au premier abord, on fait connaissance avec notre personnage pour qui la vie semble simple mais qui change instantanément pour lui quand il comprend à peine que son corps se transforme en insecte monstrueux. Il se pense être aimé de sa famille et leur servir avec importance mais quand il ose enfin pénétrer dans leur vie avec son nouveau visage, il comprend vite que sa présence n'est plus enviable et pire encore, il ne pourra plus assouvir leur besoin sans son travail.

D'une fable fantastique, on passe à une nouvelle philosophique sur le principe d'attachement et d'amour d'une famille lorsque l'un des éléments devient monstrueux. Mais quelle est la valeur monstre ? Pourquoi devient-on un monstre ? Est-ce par la différence ? Par l'apparence déformée ? Comment signer encore une appartenance quand les valeurs sont bafouées ?

Si on lit cette nouvelle pour son histoire de base, elle peut nous sembler assez étrange mais finalement assez intéressante par contre, si on la lit avec la métaphore de l'être différent qui  ne colle plus aux codes sociaux, on comprend vite la réaction de la famille avec la mise en position de reclus et surtout l'envie de mettre le personnage principal en isolement, voire de le tuer pour éviter que la particularité de cet être soit visible de la société et donc humilie la famille.

Une bien belle nouvelle sur l'intolérance et la honte de la différence. Une écriture qui date du début des années 1900 et qui semble malheureusement terriblement encore d'actualités... J'aime beaucoup et la recommande.

24 avr. 2017

Sans un adieu de Harlan Coben



David est une star du basketball. Il épouse Laura, le mannequin à la mode que tout le monde veut sur son podium. On pourrait penser à un couple monté de toutes pièces pour les magazines pourtant ils s'aiment très fort et vont jusqu'à se rendre sur une île incognito pour leur voyage de noces pour être tranquilles. Mais pendant que Laura va à une réunion pour une marque, David va nager et son corps est retrouvé dans les eaux troubles. Comment Laura va-t-elle accepter cette mort ? Est-ce bien lui ? Comment survivre à la suite ?

Un one-shot de Harlan Coben pour ce roman et un plaisir de rentrer dans cette histoire. Les personnages sont touchants. On pense vite à notre couple de showbiz à la mode et puis il y a cette mort inexpliquée de David et le suspens qui s'installe pour comprendre comment Laura survit. 

On aime les rouages dont Coben nous engluent. L'histoire dans l'histoire qui se met à aller dans tous les sens nous donne envie de tourner toujours plus vite les pages pour comprendre le fin mot de l'histoire même si certains engrenages ont été vite perçus. Après, on ne voit pas venir les révélations de la mère de Laura ou le rôle du père jusqu'à la fin.

Le milieu du basketball est encore dans la trame de l'histoire et c'est un peu lassant à force. On préfère quand Coben change carrément de registre mais le rebondissement est maître dans son œuvre et c'est ce qui fait plaisir à lire.

Encore un bon petit roman de Harlan Coben. Je ne suis pas prête de le mettre au banc de touche.

Du même auteur :
Une chance de trop
Juste un regard
Dans les bois
Balle de match, saga Bolitar, Tome 2
Faux rebond, saga Bolitar, tome 3 
Peur noire, saga Bolitar, Tome 7

Là où j'irai tome 2 de Gayle Forman




Mia est une joueuse de violoncelle adulte. Adam a son groupe et sillonne le globe. Ils ne se voient plus, ils ne se parlent plus. Pourtant chacun pense à l'autre. Alors que la vie les écarte, un concert va les rapprocher, pour le pire ?

Nous retrouvons nos deux tourtereaux de Si je reste qui ont bien changés qui se sont bien séparés. J'espérais les retrouver plus soudés que jamais et je me retrouve avec des jeunes gens qui font leur vie chacun de leur côté sans lien.

Alors que le premier tome est raconté par les yeux de Mia, le second se raconte par la voix de Adam. Chose qui m'a un peu perturbée au début car je pensais être toujours dans les idées de Mia. Nous le suivons donc dans sa tournée musicale et nous avons affaire à tous les clichés de la pop star comme on s'y attend ce qui est un peu dommage.

Peu de nouvelles de Mia pendant toute la première partie alors que nous aimerions la retrouver dans sa nouvelle vie. Et puis ils se voient et on taira la suite.

Le premier tome me semblait un peu trop loufoque et jeunesse, le deuxième est beaucoup moins envolé et beaucoup plus triste mais toujours aussi jeunesse. Gayle Forman est toujours aussi captivante et je pense que les adolescents peuvent passer un très bon moment avec ce diptyque.

Si je reste tome 1
Les cœurs fêlées